Fiscalité
Vous avez une entreprise ? Découvrez combien vous pouvez économiser d'impôts
Si votre entreprise clôture l'année avec des bénéfices importants, une partie de ces bénéfices, c'est vous qui en décidez : ils peuvent partir en impôts, ou — légalement — bâtir votre prévoyance. Sur des revenus élevés, la différence se chiffre en dizaines de milliers de francs.
Le principe, avant les astuces : économiser des impôts de façon licite ne veut pas dire cacher des bénéfices, mais utiliser les instruments que la loi met à disposition. Le plus puissant, pour qui dirige une entreprise, est la prévoyance professionnelle : les cotisations versées réduisent le bénéfice imposable, et l'argent reste le vôtre.
Pourquoi la prévoyance est le levier fiscal le plus efficace
Le bénéfice de la société est imposé. Mais les cotisations de prévoyance versées par l'entreprise sont une charge déductible : elles abaissent le bénéfice imposable et, avec lui, l'impôt. Contrairement à d'autres charges, ici l'argent ne sort pas vraiment — il entre dans votre 2e pilier, où il croît dans un environnement fiscalement privilégié.
Au Tessin, l'impôt sur le bénéfice des sociétés se situe, selon la commune, entre 14,5 % et 16 % (fédéral, cantonal et communal réunis). Chaque franc de bénéfice déplacé en prévoyance, et déduit, est un franc qui échappe à ce taux.
Les leviers concrets
Un plan de prévoyance plus généreux
La LPP minimale légale ne couvre qu'une tranche de salaire (jusqu'à CHF 90'720, avec un seuil d'entrée de CHF 22'680). Au-dessus de ces minimums, vous pouvez activer un plan surobligatoire : des cotisations plus élevées à la charge de l'entreprise, déductibles, qui construisent votre capital vieillesse bien plus vite.
Les plans 1e, pour les hauts revenus
Sur la part de salaire qui dépasse 1,5 fois le plafond LPP (au-delà de CHF 136'080 par an), vous pouvez utiliser un plan 1e : vous choisissez vous-même la stratégie de placement de votre capital de prévoyance, et les cotisations restent déductibles. C'est l'instrument pensé précisément pour les dirigeants et cadres à hauts salaires.
Les rachats LPP volontaires
Si votre 2e pilier présente des lacunes (années où vous avez moins cotisé), vous pouvez les combler par des rachats volontaires, déductibles de votre revenu imposable. C'est souvent la démarche la plus simple et immédiate. Une limite à retenir : après un rachat, le capital ne peut pas être retiré sous forme de versement en capital pendant 3 ans.
Le pilier 3a
À ne pas oublier, le pilier 3a : déductible jusqu'à CHF 7'258 par an pour qui a déjà une caisse de pension, ou — si vous êtes indépendant sans 2e pilier — jusqu'à 20 % du revenu net, avec un maximum de CHF 36'288. Pour les salariés, c'est modeste face aux instruments ci-dessus, mais c'est de l'économie d'impôt pure, année après année ; pour les indépendants, cela devient un levier bien plus consistant. Nouveauté dès 2026 : vous pouvez aussi rattraper les années où vous n'avez pas versé le maximum (lacunes depuis 2025, jusqu'à dix ans en arrière), avec des rachats rétroactifs eux aussi entièrement déductibles.
Exemple. Votre Sàrl clôture avec CHF 50'000 de bénéfice en plus. Vous en affectez une partie à votre prévoyance via un plan plus généreux (ou un 1e sur la tranche de salaire élevée) : ces cotisations, déductibles, font baisser le bénéfice imposable. Avec l'impôt sur le bénéfice (entre 14,5 % et 16 %), l'entreprise économise entre CHF 7'250 et CHF 8'000 d'impôts. Mais l'essentiel est ailleurs : ces 50'000 ne sont pas partis en impôts — ils sont dans votre prévoyance, où ils croissent, et au retrait ils seront imposés à un taux réduit, séparé du reste du revenu.
Les prestations sociales en entreprise
Il y a aussi un levier qui ne passe pas par la prévoyance, mais suit la même logique : les mesures en faveur des collaborateurs sont en général une charge déductible pour l'entreprise. Au-delà de l'effet fiscal, c'est un investissement sur le climat interne — et une entreprise qui va bien fidélise et travaille mieux. Pour les détails (ce qui est déductible et l'incidence pour chaque collaborateur), on se coordonne avec le fiduciaire.
Où finit la prévoyance et où commence le fiduciaire
La prévoyance est le levier qu'un conseiller comme nous peut activer directement. Mais le cadre fiscal d'une entreprise est plus large : amortissements, provisions, déductions pour recherche et développement, gestion des participations et des dividendes. Cela relève du fiduciaire et du fiscaliste — et nous travaillons à leurs côtés, pas à leur place : vous avez une seule direction, chacun joue son rôle.
Et l'immobilier ?
Pour qui dispose de capitaux importants, la prévoyance n'est pas le seul levier. L'immobilier aussi, financé avec le bon niveau d'endettement, peut alléger la charge fiscale et générer des revenus passifs qui en couvrent les coûts — des rentrées qui arrivent même lorsque vous ne travaillez pas. C'est un sujet à part entière, avec ses propres règles : nous y consacrerons un article dédié.
Une règle de timing qui fait la différence
Presque tous ces leviers doivent être activés avant la fin de l'exercice fiscal : un rachat LPP ou un nouveau plan décidé en décembre influe sur l'année en cours ; décidé en janvier, non. Qui planifie à temps économise ; qui s'en souvient au moment des comptes, en général, non.
Questions fréquentes
La prévoyance fait-elle vraiment économiser des impôts à mon entreprise ?
Oui : les cotisations de prévoyance versées par l'entreprise sont une charge déductible et réduisent le bénéfice imposable. De plus, le capital entre dans votre prévoyance au lieu de partir en impôts, et croîtra dans un environnement fiscalement privilégié.
Qu'est-ce qu'un plan 1e et à qui convient-il ?
C'est un plan de prévoyance pour la tranche de salaire élevée (au-delà de CHF 136'080 par an), dans lequel vous choisissez la stratégie de placement. Il convient aux propriétaires, dirigeants et cadres à hauts salaires qui veulent déduire davantage et gérer leur capital.
Dois-je changer de fiduciaire pour optimiser mes impôts ?
Non. Le fiduciaire reste votre référent pour le bilan et la déclaration. Nous nous occupons du levier de prévoyance et nous nous coordonnons avec lui : aucun chevauchement, une seule direction.
Vous avez des bénéfices importants et payez trop d'impôts ?
Voyons ensemble combien vous pouvez déplacer, légalement, de la case « impôts » à la case « votre prévoyance » — avec les chiffres de votre situation, pas dans l'abstrait.
Parler à GROVA →Contenu informatif à caractère général ; ne constitue pas un conseil fiscal et ne remplace pas un conseil personnalisé. Taux, seuils et montants (LPP, 1e, 3a, impôt sur le bénéfice) varient dans le temps et selon la commune : les choix doivent se faire sur votre situation concrète, en coordination avec votre fiduciaire.